Une censure éditoriale : Ravages de Violette Leduc, par Alexandre Antolin
En 1955, lorsque paraît Ravages, roman autobiographique de Violette Leduc, le public découvre une version travaillée et corrigée par l’autrice et sa première (et exigeante) lectrice Simone de Beauvoir. Mais au-delà de ce processus habituel, Ravages a, de fait, largement été censuré par les éditions Gallimard.
Dans cet ouvrage, Alexandre Antolin explore les raisons de cette censure et constate que les responsabilités furent multiples. S’appuyant sur les versions successives de Ravages, l’auteur étudie la génétique de ce roman et s’attache à comprendre pourquoi un tel caractère subversif fut attribué à cette oeuvre et à son autrice. Alexandre Antolin se penche sur le style de Violette Leduc, si particulier par son attachement aux sens et par son réalisme (dans les thèmes comme dans les techniques d’écriture). Cela se trouve être précisément un point d’achoppement : Violette Leduc n’écrivait pas pour permettre le fantasme de la relation homosexuelle, mais pour transmettre des sensations, le vécu d’une relation lesbienne « normale ».
Cette étude, à la croisée de l’histoire de l’édition, de la littérature et du genre, offre pour la première fois, par la publication d’inédits collectés par Alexandre Antolin, la vision initiale de Ravages de l’autrice, replacée dans son contexte historique.
Alexandre Antolin est docteur en lettres modernes et histoire du genre. En parallèle de son poste d’assistant d’édition, il s’intéresse aux questions de censure des autrices dans l’après-guerre et à la littérature lesbienne de cette période. À ce titre, il a contribué à Écrire à l’encre violette : littératures lesbiennes en France de 1900 à nos jours avec Aurore Turbiau, Margot Lachkar, Camille Islert et Manon Berthier (Le Cavalier bleu, 2022).
OpenEdition vous propose de citer ce billet de la manière suivante :
Marine Rouch (22 mai 2023). Une censure éditoriale : Ravages de Violette Leduc, par Alexandre Antolin. Sexologies européennes / European sexologies. Consulté le 15 septembre 2026 à l’adresse https://doi.org/10.58079/u0xm


